Oui, il est possible de retirer des prothèses mammaires et de redonner en partie du volume au sein avec sa propre graisse au cours de la même intervention, mais le lipofilling ne remplace qu'une part limitée du volume de l'implant. Cette option convient aux femmes qui souhaitent vivre sans prothèses, acceptent un sein plus petit et plus naturel et disposent d'assez de graisse ; lorsque la peau a été distendue, un lifting mammaire est souvent nécessaire.
Le retrait des prothèses (explantation) fait partie des options discutées au cabinet de l'Op. Dr. Göktuğ Esmer à Istanbul dans le cadre du changement de prothèses mammaires et de la chirurgie de révision. Cet article explique pourquoi des femmes choisissent le retrait, ce que signifie réellement « avec ou sans la capsule », ce que le lipofilling peut et ne peut pas apporter, et comment la convalescence est généralement organisée.
Pourquoi des femmes font-elles retirer leurs prothèses ?
Les raisons mêlent constats médicaux et choix personnels. Les plus fréquentes :
- Coque (contracture capsulaire) : la capsule cicatricielle qui se forme autour de chaque prothèse s'épaissit et se rétracte ; le sein devient ferme, déformé ou douloureux.
- Rupture : une prothèse en silicone peut se rompre sans aucun changement visible. La FDA, qui encadre les prothèses mammaires en tant que dispositifs médicaux, décrit l'IRM comme la méthode la plus efficace pour détecter une rupture silencieuse, l'échographie étant une alternative acceptable pour le dépistage chez les patientes sans symptôme.
- Des envies qui changent : la taille choisie il y a des années ne correspond plus au corps ou au mode de vie, ou la patiente ne souhaite tout simplement plus porter d'implant.
- Symptômes généraux : certaines femmes décrivent fatigue, douleurs articulaires, « brouillard mental » ou éruptions cutanées et les attribuent à leurs prothèses ; on parle souvent de « maladie des implants mammaires ». La FDA indique que ces symptômes peuvent être associés aux prothèses et que, dans certains cas, un retrait sans remplacement aurait permis leur régression ; les mécanismes restent cependant mal compris, et aucun chirurgien ne peut prédire l'évolution individuelle.
- Inquiétude liée au LAGC-AIM (BIA-ALCL) : le lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires est un lymphome T rare, plus fréquent avec les prothèses texturées. La FDA conseille de faire évaluer tout gonflement persistant, douleur ou autre changement autour d'une prothèse. Elle ne recommande pas de retrait systématique chez les femmes sans symptôme.
Si votre question principale est de savoir si vos prothèses doivent vraiment être retirées, notre article Quand faut-il changer ses prothèses mammaires ? détaille les raisons médicales.
Avec ou sans la capsule ? Les types de capsulectomie
L'une des questions les plus fréquentes est de savoir s'il faut retirer les prothèses avec ou sans la capsule. La FDA décrit les deux voies : le chirurgien peut retirer l'implant seul en laissant la capsule cicatricielle, ou retirer en même temps une partie ou la totalité de la capsule, ce qui peut constituer une intervention plus importante. Elle conseille d'en discuter avec son chirurgien pour choisir la méthode adaptée.
Comme ces termes sont souvent employés de façon approximative, une déclaration de consensus publiée en 2024 par l'intermédiaire de la société savante ASPS les a définis :
- Capsulectomie partielle : une partie de la capsule est retirée, une autre est laissée en place.
- Capsulectomie totale : la capsule est retirée en entier, pas forcément d'un seul tenant.
- Capsulectomie totale intacte : la capsule est retirée en entier et d'un seul bloc, généralement avec l'implant à l'intérieur.
- Capsulectomie en bloc : retrait de la capsule avec une marge de tissu environnant, réservé aux cancers associés aux implants suspectés ou confirmés.
Cette même déclaration souligne que la seule indication absolue de la capsulectomie en bloc est un cancer associé aux implants, suspecté ou confirmé après un bilan approprié, et que les risques du retrait de la capsule doivent être mis en balance avec le bénéfice attendu. Dans le langage courant, « en bloc » désigne souvent tout retrait d'un seul tenant : demandez donc à votre chirurgien quelle technique il entend exactement.
Comment la décision est prise
Laisser une capsule fine et souple peut être raisonnable chez certaines patientes. Une capsule épaissie, calcifiée ou rétractée, une prothèse en silicone rompue ou du liquide autour de l'implant orientent en général vers un retrait plus large de la capsule. Comme la capsule peut adhérer à la paroi thoracique et aux côtes, un retrait plus complet signifie une intervention plus longue et, souvent, un drain. La décision est prise après examen et imagerie, pas selon une règle figée.
Ce que le lipofilling peut remplacer, et ce qu'il ne peut pas
Le lipofilling consiste à prélever de la graisse par liposuccion, le plus souvent sur le ventre, les flancs ou les cuisses, à la purifier puis à l'injecter en petites quantités dans le sein. Après l'explantation, il peut adoucir la marche au niveau du haut du sein, épaissir des tissus fins et restituer une partie du volume perdu. Ses limites doivent être claires avant de décider :
- Le volume est limité. Après le retrait, le sein a moins d'espace et moins de tissu qu'avec une prothèse. La graisse apporte un galbe modéré, pas le volume d'un implant courant.
- Toute la graisse ne survit pas. Le NHS britannique explique qu'une partie de la graisse injectée est perdue dans les premiers mois et qu'environ la moitié peut ne pas survivre ; une nouvelle intervention peut donc être nécessaire, ou le volume souhaité peut ne pas être atteint en une seule opération.
- Le résultat s'installe lentement. Selon le NHS, un transfert de graisse peut mettre jusqu'à six mois pour produire son plein effet ; la forme des premières semaines n'est pas la forme définitive.
- Il faut de la graisse à prélever. Les patientes très minces n'en ont parfois pas assez ; le retrait, avec ou sans lifting, est alors souvent le projet le plus réaliste.
- Procéder en deux temps est parfois plus sage. Certains chirurgiens retirent d'abord les prothèses puis réalisent le lipofilling lors d'une séance ultérieure, une fois les tissus stabilisés. Le choix entre un ou deux temps se fait au cas par cas.
Comme une liposuccion est réalisée sur la zone de prélèvement, vous y porterez aussi un vêtement de compression ; notre article combien de temps porter une gaine après une liposuccion explique pourquoi.
Faut-il un lifting mammaire après le retrait ?
Les prothèses distendent la peau au fil des années. Lorsqu'elles sont retirées sans remplacement, la FDA indique que des fossettes, un creusement de la paroi thoracique, des plis ou un affaissement du sein naturel peuvent apparaître. L'ampleur dépend de la taille de l'implant, de la durée de port, de la qualité de la peau et de la quantité de glande mammaire.
Si l'aréole est basse ou l'enveloppe cutanée relâchée, un lifting mammaire réalisé au cours de la même séance retend la peau et remonte l'aréole ; la graisse peut alors modeler le haut du sein. Le lifting ajoute des cicatrices, dont le tracé dépend du degré de ptôse. Notre comparatif lifting mammaire ou prothèses aide à visualiser l'apport de chaque geste. Quand le sein est petit mais la peau ferme, le retrait associé au lipofilling seul peut suffire.
Pour qui cette intervention est-elle adaptée ?
Le retrait des prothèses avec lipofilling convient généralement aux femmes qui :
- sont en bonne santé générale et ne fument pas, ou peuvent arrêter suffisamment tôt avant l'opération (voir notre article sur le tabac et les anticoagulants avant une chirurgie) ;
- ont assez de graisse sur des zones comme le ventre ou les cuisses ;
- préfèrent un sein naturel et acceptent qu'il soit en général plus petit qu'avec des prothèses ;
- disposent d'une imagerie récente et, si possible, de leur carte d'implant et du compte rendu opératoire précédent.
En cas de suspicion de cancer lié aux implants, un bilan oncologique distinct s'impose d'abord ; un lipofilling esthétique ne fait pas partie de ce traitement initial.
Imagerie, préparation et intervention
La préparation commence par une consultation en présentiel ou en ligne. L'échographie mammaire est généralement le point de départ, complétée par une IRM en cas de suspicion de rupture silencieuse ou de prothèses anciennes. Apportez vos comptes rendus antérieurs, idéalement en anglais ou en turc ou accompagnés d'une traduction, et signalez plus tard le lipofilling à votre radiologue : le NHS cite parmi les risques la cytostéatonécrose (mort d'une partie des cellules graisseuses), qui peut former des nodules nécessitant une évaluation lors des examens ultérieurs.
L'intervention se déroule sous anesthésie générale dans un hôpital entièrement équipé, avec une équipe d'anesthésie et une unité de soins intensifs en appui. Le plan chirurgical est personnalisé : l'ancienne cicatrice est le plus souvent réutilisée, la capsule est traitée comme convenu et, si l'on a choisi un seul temps, la graisse est prélevée et injectée au cours de la même séance. La durée dépend de l'ajout ou non d'une capsulectomie et d'un lifting.
Convalescence et risques
La convalescence associe celle d'une chirurgie mammaire et celle d'une liposuccion. Le NHS indique que les zones traitées sont souvent marquées d'ecchymoses et gonflées pendant quelques semaines et que l'on peut prévoir quelques semaines d'arrêt de travail. On porte en général un soutien-gorge de maintien jour et nuit pendant plusieurs semaines, un drain reste en place peu de temps après une capsulectomie, et l'on évite de porter des charges lourdes et les efforts intenses du haut du corps jusqu'à l'accord du chirurgien. Les délais varient ; le vôtre est fixé individuellement.
Les risques possibles comprennent saignement ou hématome, infection, épanchement, modifications de la sensibilité, asymétrie, irrégularités de contour sur la zone de prélèvement, cytostéatonécrose et caillots sanguins, ainsi que les risques généraux de l'anesthésie. Décoller la capsule de la paroi thoracique comporte ses propres risques : c'est pourquoi la capsulectomie est pesée et non réalisée systématiquement.
Combien de temps rester à Istanbul ?
Pour une révision de prothèses, notre page d'intervention indique environ 5 à 7 jours à Istanbul, avec en général une nuit à l'hôpital ; l'ajout d'une capsulectomie, d'un lifting et d'un prélèvement de graisse peut modifier cette durée, et votre chirurgien confirme le programme exact. Notre article combien de jours rester en Turquie pour une chirurgie mammaire explique comment les journées sont habituellement organisées. Depuis la France, le vol pour Istanbul dure environ trois heures et demie à quatre heures.
Le suivi une fois rentrée chez vous
Pendant votre séjour à Istanbul, les pansements et contrôles sont assurés chaque jour. Après votre retour, le suivi se poursuit par WhatsApp et en visioconférence, et une coordinatrice ou un coordinateur reste joignable 24 h/24 et 7 j/7. Pour caler une visio, gardez en tête qu'Istanbul a une heure d'avance sur la France en été et deux heures en hiver. En cas d'urgence à la maison, composez le 112. Les informations pratiques pour le voyage figurent sur notre page patients internationaux, et pour une vue d'ensemble de la chirurgie à l'étranger, lisez comment choisir son chirurgien en Turquie. Toutes nos interventions mammaires sont présentées sur la page chirurgie mammaire.
Si vous envisagez de faire retirer vos prothèses, avec ou sans lipofilling, envoyez-nous vos photos, les informations sur vos implants et vos antécédents médicaux via WhatsApp pour une évaluation, ou contactez-nous depuis notre page de contact.
Sources
Les informations générales de cet article s’appuient sur les organisations et publications suivantes.
- Risks and Complications of Breast Implants (FDA)
- Breast Surgery Collaborative Community issues consensus statement on breast implant capsulectomy definitions and management (American Society of Plastic Surgeons)
- Surgical fat transfer (NHS)
Questions fréquentes
Peut-on retirer ses prothèses mammaires et les remplacer par sa propre graisse ?
Oui, le lipofilling peut être réalisé en même temps que le retrait ou lors d'une séance ultérieure. Il ne restitue qu'une part modérée du volume, une partie de la graisse est perdue dans les premiers mois et plusieurs séances peuvent être nécessaires.
Faut-il retirer les prothèses avec ou sans la capsule ?
Cela dépend des constats. La FDA décrit le retrait de l'implant seul ou le retrait d'une partie ou de la totalité de la capsule. Une coque rétractée, calcifiée ou une prothèse rompue orientent généralement vers une capsulectomie ; la décision suit l'examen et l'imagerie.
Qu'est-ce qu'une capsulectomie en bloc ?
Selon les définitions de consensus de 2024, c'est le retrait de la capsule avec une marge de tissu environnant, indiqué en cas de cancer associé aux implants suspecté ou confirmé. Le retrait de l'implant et de la capsule d'un seul tenant s'appelle capsulectomie totale intacte.
Les seins tombent-ils après le retrait des prothèses ?
C'est possible. Sans remplacement, la FDA mentionne des fossettes, des plis ou un affaissement du sein. Si la peau est relâchée ou l'aréole basse, le retrait est souvent associé à un lifting mammaire.
Quel volume le lipofilling apporte-t-il après le retrait ?
Aucun chiffre précis ne peut être promis. La graisse apporte un galbe modéré et adoucit la forme, mais ne remplace pas le volume d'un implant courant. Le résultat final s'apprécie après plusieurs mois.
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